« PRINCE CHARLES-ANTOINE de LIGNE » : différence entre les versions

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= Gala autour des Princes de Ligne, Prince Charles- Antoine de Ligne =
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== Présentation par Thierry Prouvost ==
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Nous pensons à Roubaix et à Cysoing, qui virent passer la maison de Ligne.
Nous pensons à Roubaix et à Cysoing, qui virent passer la maison de Ligne.
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== Discours de Charles-Antoine de Ligne ==
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Voilà quelques histoires sur les écus. Passons maintenant à notre histoire commune entre la Flandre, la Wallonie et la France.
Voilà quelques histoires sur les écus. Passons maintenant à notre histoire commune entre la Flandre, la Wallonie et la France.
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Ici, nous avons Tournai, première capitale de la France dès le IVᵉ siècle. Juste à côté, nous avons cette fameuse abeille en or : un trésor important a été trouvé à Tournai. Et juste après, nous voyons le couronnement de Napoléon.
Ici, nous avons Tournai, première capitale de la France dès le IVᵉ siècle. Juste à côté, nous avons cette fameuse abeille en or : un trésor important a été trouvé à Tournai. Et juste après, nous voyons le couronnement de Napoléon.

Dernière version du 9 septembre 2026 à 17:50



Gala autour des Princes de Ligne, Prince Charles- Antoine de Ligne[modifier]

Présentation par Thierry Prouvost[modifier]

… Je vais appeler Charles-Antoine, prince de Ligne, qui nous fait l'honneur de sa présence ce soir et qui va nous parler de cette prestigieuse maison.

Il nous fait l'honneur d'être présent avec ses deux fils et leurs épouses, venus du Brésil et d'Angleterre, comme ils le souhaitaient.

Nous sommes d'autant plus sensibles à cette visite au « pari du Nord » que notre terre des Flandres méridionales a toujours vécu à l'ombre du clocher — une terre très catholique, vous le savez, face à la Réforme, sous les Habsbourg et les rois d'Espagne.

Nous pensons à Roubaix et à Cysoing, qui virent passer la maison de Ligne.

Discours de Charles-Antoine de Ligne[modifier]

D'après la tradition, nous avons les mêmes origines que les Bâtards. Nous nous disions que nous descendions d'un certain ancêtre des Pyrénées, mais ce n'était sans doute pas le cas.

Mais repassons à la famille de cette époque. L'écusson était l'emblème de ralliement autour du soldat ; les armoiries les plus anciennes étaient celles de la famille. Beaucoup de figures amusantes figuraient sur les écus, notamment le lion.

Ce lion, qui était sur l'écu d'un chef musulman, a été échangé avec celui d'un croisé. C'est ainsi que le lion est entré dans les armoiries des Flandres.

Une autre légende amusante concerne l'écusson de la famille d'Arenberg : trois fleurs de néflier sur un écusson rouge. La tradition voudrait que cela vienne des croisades : un chevalier se mourait sous un arbre, son bouclier ensanglanté à ses côtés. C'était l'automne, et trois fleurs de néflier sont tombées sur son écu.

Voilà quelques histoires sur les écus. Passons maintenant à notre histoire commune entre la Flandre, la Wallonie et la France.

Ici, nous avons Tournai, première capitale de la France dès le IVᵉ siècle. Juste à côté, nous avons cette fameuse abeille en or : un trésor important a été trouvé à Tournai. Et juste après, nous voyons le couronnement de Napoléon.

Napoléon, pour rompre avec la tradition des Bourbons, aurait repris les abeilles découvertes à Tournai — qui figuraient sur le manteau des premiers rois francs — afin de rattacher sa dynastie à la plus ancienne dynastie française.

On aperçoit également Talleyrand aux côtés de Fouché et Chateaubriand.

Passons un peu plus loin : voici un passage de Jeanne d'Arc dans notre région, puis l'époque de Philippe Auguste à Bouvines, enterré entre ses deux épouses.

C'est le premier navire de Ligne. Vous savez que la croisade a été créée par Godefroid de Bouillon. Le pays était alors occupé… puis est entré dans la maison de Bourgogne.

À côté, nous avons un de nos ancêtres nommé Antoine, qui était mercenaire pour le roi d'Angleterre, Henri VIII. C'était il y a environ 500 ans. Nous sommes une famille de soldats, et la tradition voulait que l'homme de la famille aille combattre.

Il a créé un ordre appelé l'Ordre du Loup.

Ici, nous voyons la cité fortifiée telle qu'elle est aujourd'hui. Et à côté, un dessin réalisé par Victor Hugo en 1863, au moment de son exil. La France étant un pays d'intolérance à cette époque, l'exil l'a mené chez nous. Je connais d'ailleurs peu de Belges qui s'exilent en France !

Nous passons ici à l'année 1565, un mariage très important qui eut lieu chez nous.

Nous sommes en pleine guerre de Religion. Tournai, qui est à côté de chez nous, est une ville protestante très active et commerçante, ce qui déplaît aux Espagnols, fervents catholiques.

Lors du mariage de Floris de Montmorency, gouverneur de Tournai, avec Hélène de Bernemicourt en octobre 1565, la haute noblesse des Pays-Bas se réunit au château d'Antoing — c'est-à-dire chez nous. Parmi eux figurent les comtes d'Egmont et d'Hornes. Ils y préparent la fronde contre le pouvoir espagnol.

Lors de ce grand mariage, il y a eu des feux d'artifice. Les Espagnols ne pouvaient pas s'opposer à un tel rassemblement aristocratique chez le propriétaire d'Antoing.

Comme on disait alors : « Le Ciel a trois défauts : il est trop haut, trop froid, et il n'y a pas de taverne. »

Nous arrivons en 1581, lors du siège de Tournai mené par Alexandre Farnèse. Une de nos ancêtres a défendu la ville de Tournai de façon héroïque.

Voici un tableau représentant la maison de Courtenay, lorsque Louis XIV revendiqua des droits sur les Pays-Bas espagnols.

Ici, nous avons un plan de Tournai tel qu'il a été dessiné par de nombreux cartographes. Il ne reste malheureusement plus grand-chose de ces fortifications.

L'armée alliée — hollandaise, autrichienne et anglaise — forte de 100 000 hommes, ce qui était considérable pour l'époque, vint faire le siège de Tournai.

Pendant la guerre de Succession d'Autriche, le 15 mars 1744, la France déclare la guerre à l'Angleterre et à ses alliés.

Voici le plan de la bataille de Fontenoy : d'un côté les Français, de l'autre les Anglais, les Irlandais et les Hanovriens. La bataille de Fontenoy s'est déroulée sur les terres de la maison de Ligne en 1745. Près de 115 000 hommes s'y sont affrontés, laissant entre 12 000 et 18 000 morts en l'espace de cinq heures.

Ici, nous voyons Louis XV et le Dauphin sur le champ de bataille. Le roi est venu s'installer sur nos terres, près des cinq clochers de Tournai. Son deuxième fils s'est engagé dans l'armée, et nous avons conservé des souvenirs de ce passage.

Malgré les combats, la famille n'en a jamais voulu à la France. Le prince de Ligne a tellement aimé la France et s'est tant amusé à Paris qu'il est resté très attaché au pays, étant notamment dans le cercle intime de Marie-Antoinette.

Nous arrivons ensuite à la création d'un domaine très important : la manufacture de porcelaine de Tournai. Voici un service commandé par Philippe Égalité, le duc d'Orléans, au début de la Révolution.

Passons un peu plus loin, au Congrès de Vienne en 1814-1815. À droite de la table, on voit Talleyrand en train de négocier pour que la France ne rende pas tous les objets d'art saisis en Italie et en Espagne.

À quelqu'un qui lui demandait ce qu'il pensait des travaux, le prince de Ligne répondit par ce mot célèbre : « Le Congrès ne marche pas, il danse. »

Il y a un très beau passage dans les mémoires du comte de La Rochefoucauld sur la mort du prince de Ligne en décembre 1814, à Vienne. Lors du cortège funéraire, l'Empereur d'Autriche et toute la haute société européenne étaient présents.

Son successeur fut ambassadeur à Paris puis à Londres. C'était un homme d'une culture immense, s'exprimant dans un français remarquable dès l'âge de 16 ans.

Le prince Eugène de Savoie avait de la grâce ; les Césars ou Alexandre avaient de la grandeur et du talent. Mais au sujet de Napoléon, le prince de Ligne écrivait :

« Tout ce qui est du département du cœur et ce qu'on appelle l'esprit lui est étranger. Tout ce qu'il fait a le caractère du génie. Il est plus sorcier que magicien ; c'est un héros qui n'est pas du tout un chevalier : il est plus, et il est moins. Si les gens de cœur lui refusent le titre de grand homme, on conviendra au moins que c'est un être prodigieux. »

Voilà ce que j'ai trouvé de plus intéressant. L'exécution du duc d'Enghien a choqué l'Europe entière : en le faisant fusiller, Bonaparte a blessé sa propre gloire.

La reine mère aimait beaucoup la France. Chaque année, elle faisait un voyage incognito. Elle venait passer une semaine dans notre propriété. Comme la reine Victoria, elle voyageait avec son intendance, ses affaires, et arrivait avec une quinzaine de personnes de sa suite.

J'ai été assis à côté d'elle à plusieurs reprises. Un soir, la conversation est venue sur la littérature et sur le livre Les Sept Piliers de la sagesse de T. E. Lawrence (Lawrence d'Arabie).

Je lui ai demandé quel genre d'homme il était. Elle m'a répondu : « C'était quelqu'un de très introverti, il parlait très peu. À la fin de la campagne d'Arabie, lorsqu'il est réintégré dans l'armée britannique, on lui propose le grade de capitaine. Il le refuse en disant : "Je veux soit le commandement suprême, soit rester simple soldat." »

Elle m'a aussi raconté d'autres anecdotes sur les coulisses de l'Histoire pendant la guerre.

Notre famille a toujours entretenu des liens avec de grands esprits français : Victor Hugo, Baudelaire et bien d'autres. Petit clin d'œil historique : lors d'un séjour à Bruxelles, un de mes ancêtres eut une liaison avec une actrice, Augustine Leroux, dont il aurait eu un fils.

Cet enfant, Maurice, n'a pas très bien tourné. Sa mère, ayant gagné beaucoup d'argent, voulait lui donner une grande éducation, mais l'a trop gâté. Il avait des écuries, des chevaux de course, jouait au casino et a fini par se ruiner.

Autre anecdote sur mon arrière-grand-mère : elle a eu quatre filles — dont ma grand-mère — et un garçon mort jeune. La rumeur disait qu'elle avait eu quelques aventures. Il y a prescription aujourd'hui, car cela se passait avant la guerre de 14 ! Le tout-Paris s'en amusait, car elle habitait rue des Saints-Pères et avait cinq enfants…

Je vous remercie.

*(Échanges de fin de conférence sur les destructions de châteaux pendant les guerres mondiales et l'accueil des habitants dans le Benelux)* https://pourvouslesprinces.com/1273-2/