Thesaurus de la famille BAUFFREMONT de

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THESAURUS AGNATIQUE ALFI — MAISON DE BAUFFREMONT (Lorraine – Bourgogne – Courtenay) Famille subsistante de l’ancienne noblesse féodale de Lorraine et de Bourgogne, princes du Saint-Empire, ducs et pairs de France, alliés à la maison capétienne de Courtenay.

Sommaire
Blason-Bauffremont
Blason complet de la maison de Bauffremont (vairé d’or et de gueules écartelé Courtenay, Vienne, Gorrevod)
Blason complet de la maison de Bauffremont (vairé d’or et de gueules écartelé Courtenay, Vienne, Gorrevod)


Introduction

La maison de Bauffremont est l’une des plus anciennes lignées issues de la noblesse féodale lorraine. Sa filiation agnatique est prouvée de manière continue depuis 1202, ce qui la place parmi les maisons seigneuriales majeures de l’ancien espace lotharingien, aux confins du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique.

Implantée dès le Moyen Âge autour de ses terres éponymes, la famille s’impose progressivement comme une puissance féodale, militaire et diplomatique, étendant son influence de la Lorraine à la Bourgogne, puis aux cours impériales, françaises et espagnoles. Cette ancienneté et cette continuité expliquent l’élévation progressive de la maison à la dignité princière et ducale.

La maison de Bauffremont fut élevée à la dignité de prince du Saint-Empire en 1623, puis de nouveau en 1757, ces titres étant reconnus en France la même année. Elle porta également le titre de prince de Listenois (1762), affirmant son rang dans la haute aristocratie impériale et française. Sous le Premier Empire, elle reçut le titre de comte de l’Empire français (1810), avant d’être élevée à la dignité de duc de Bauffremont en 1818 sous la Restauration. Son rayonnement européen s’étendit jusqu’à l’Espagne avec l’octroi du titre de duc d’Atrisco en 1905 et celui de grand d’Espagne à deux reprises, en 1866.

En raison de son ancienneté, de son rang et de ses alliances, la maison de Bauffremont fut admise au cercle très restreint des familles qualifiées de « cousins du Roi » (1759 et 1762) et de « cousins de l’Empereur » (1757). Elle fut reçue six fois aux honneurs de la Cour, privilège réservé aux lignages considérés comme parmi les plus éminents du royaume.

Au fil des siècles, la maison de Bauffremont donna à l’histoire quatre chevaliers de l’ordre de la Toison d’or et cinq chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit. Elle compta également dans ses rangs des maréchaux de Bourgogne, des pairs de France, des ambassadeurs, des évêques et des gouverneurs, incarnant une continuité remarquable de service princier, militaire, diplomatique et spirituel au plus haut niveau de l’État et des cours européennes.

Histoire et origines

La maison de Bauffremont tire son nom du château de **Beaufremont**, en Lorraine, près de Neufchâteau (Vosges). Son premier auteur connu, **Liébaud, sire ou baron de Bauffremont**, consentit une donation à l’abbaye de Saint-Evre vers 1157. Un diplôme de **Frédéric Barberousse (1168)** confirma aux sires de Bauffremont le droit de **battre monnaie**, signe de leur indépendance féodale. La filiation prouvée débute en **1202** avec **Liébaut III**, marié à Melvide de Vaudémont. Leur fils **Pierre**, baron de Bauffremont, vint s’établir en **Bourgogne** après son mariage vers 1220 avec **Agnès de Vergy**.

Généalogie agnatique

La généalogie agnatique de la maison de Bauffremont se caractérise par une continuité exceptionnelle, attestée dès le XIᵉ siècle et solidement documentée à partir du début du XIIIᵉ siècle. Elle s’inscrit dans l’ordre féodal lorrain et bourguignon, où la transmission du nom, des terres et du service s’opère strictement par la ligne masculine.

Origines seigneuriales (XIᵉ–XIIᵉ siècles)

  • Odon de Bauffremont (v.1035–1092), sire de Bauffremont, apparaît comme le premier seigneur connu portant le nom. Il incarne l’émergence de la lignée dans l’aristocratie féodale locale.
  • Hugues Ier (1060–1106), qualifié de comte palatin, marque l’élévation du lignage dans la hiérarchie nobiliaire régionale.
  • Liébaut Ier (1085–1140), baron de Bauffremont, consolide l’assise territoriale et dynastique de la maison.
  • Hugues II (1140–1196), baron, participe à la troisième croisade en 1190, inscrivant la lignée dans le mouvement spirituel et militaire de la chrétienté médiévale.

Consolidation féodale (XIIᵉ–XIIIᵉ siècles)

  • Liébaut III (1175–1230), baron de Bauffremont, épouse Melvide de Vaudémont, alliance majeure avec l’une des plus puissantes maisons lorraines.
  • Pierre Ier (1202–1255), baron, marié à Agnès de Vergy, appartient à la génération fondatrice de la filiation juridiquement prouvée. Cette union renforce l’ancrage bourguignon de la famille.

Service princier et bourguignon (XIVᵉ–XVᵉ siècles)

  • Liébaut IV, maréchal de Bourgogne, meurt en 1304 lors du siège d’Arras, illustrant le rôle militaire de la maison au service des ducs de Bourgogne.
  • Vautier de Bauffremont (v.1265–1335), baron, assure la continuité seigneuriale.
  • Liébaut V (v.1300–1378), baron, prolonge l’influence familiale dans l’espace bourguignon.
  • Philibert de Bauffremont, chambellan de Bourgogne, tombe à la bataille d’Azincourt en 1415, inscrivant la lignée parmi les grandes familles frappées par les pertes de la noblesse française lors de la guerre de Cent Ans.

Division en rameaux nobles

À partir du XVe siècle, la descendance se structure en plusieurs branches distinctes, toutes reconnues nobles :

  • Rameau de Sennecey (Bourgogne) :

Jean (v.1428–1480), Pierre Ier (†1505), Nicolas (1520–1582), Claude (1542–1596), Henri (†1622). Ce rameau joue un rôle important dans la noblesse bourguignonne et les charges ducales.

  • Rameau de Scey-sur-Saône (Franche-Comté) :

Huard (1330–1380), Henri (né en 1360), Guillaume Ier (†1474), Charles (1440–1513), Claude (1506–1536). Cette branche assure la continuité comtoise de la maison.

Lignée princière

Du rameau de Scey-sur-Saône naît la branche de Listenois et de Meximeux, marquis d’Arc-en-Barrois. C’est de cette lignée que descendent les princes et ducs de Bauffremont, porteurs des titres impériaux, français et espagnols, et représentants contemporains de la maison.

Ainsi, la généalogie agnatique de la maison de Bauffremont manifeste une continuité ininterrompue de filiation, de service et de rang, depuis la seigneurie féodale médiévale jusqu’aux plus hautes dignités princières européennes.

Branches principales

  • **Branche de Sennecey** : seigneurs de Bourgogne, gouverneurs d’Auxonne, présidents de la noblesse aux États généraux.
  • **Branche de Scey-sur-Saône** : héritière par alliances des maisons de **Vienne**, **Gorrevod** et **Courtenay**, donnant les *princes du Saint-Empire* et *ducs de Bauffremont*.
  • **Branche espagnole d’Atrisco** : issue du mariage (1865) de **Eugène de Bauffremont** avec **Maria Cristina Osorio de Moscoso y Borbón**, grande d’Espagne, duchesse d’Atrisco.

Titres et possessions

Au fil des siècles, la maison de Bauffremont a accumulé un ensemble exceptionnel de titres et de possessions, reflétant à la fois son ancienneté féodale, son service constant des souverains et son intégration progressive aux plus hautes sphères de la noblesse européenne.

Seigneuries et baronnies médiévales

  • Sire et baron de Bauffremont (attesté dès 1090) : titre primitif et éponyme, enraciné dans la noblesse féodale lorraine.
  • Baron de Sombernon, seigneur de Jonvelle, de Clairvaux et de Valangin : ensemble de possessions assurant à la famille une assise territoriale continue entre Lorraine, Bourgogne et espaces frontaliers.

Marquisats et hautes seigneuries (XVIᵉ–XVIIᵉ siècles)

  • Marquis d’Arc-en-Barrois, puis marquis de Listenois (1578) : élévation marquant l’entrée de la maison parmi les grandes familles titrées du royaume et de l’Empire.
  • Marquis de Meximeux, vicomte de Marigny, marquis de Sennecey (1615) : titres cumulés traduisant l’extension territoriale et l’influence politique de la lignée.

Dignités princières et ducales

  • Prince du Saint-Empire (1623 et 1757) : dignité impériale confirmant le rang princier de la maison dans l’aristocratie européenne.
  • Prince de Listenois (1762) : titre princier héréditaire, distinct et attaché à la branche principale.
  • Duc de Bauffremont et pair de France (1787, régularisé en 1818) : consécration du rang ducal au sein de la noblesse française, assortie de la pairie.
  • Comte de l’Empire français (1810) : reconnaissance impériale sous Napoléon Ier, témoignant de l’adaptation de la maison aux régimes successifs.

Titres par alliances et reconnaissances étrangères

  • Prince de Carency (1824), par alliance avec la maison de Quélen de La Vauguyon, illustrant la politique matrimoniale de haut rang.
  • Duc d’Atrisco (Espagne, 1905) et grand d’Espagne (1866, accordé à deux reprises) : reconnaissance suprême dans la hiérarchie nobiliaire espagnole, consacrant le prestige international de la maison.

L’ensemble de ces titres et possessions place la maison de Bauffremont parmi les rares lignages européens ayant conservé, sur près de neuf siècles, une continuité de rang, de service et de reconnaissance souveraine à l’échelle internationale.

Armoiries et devises

Armes primitives : *Vairé d’or et de gueules.* Armes modernes : Écartelé : aux 1 et 4 contre-écartelé : vairé d’or et de gueules (Bauffremont) ; de gueules à l’aigle d’or chargé sur l’estomac d’un écusson de sable à trois têtes de léopard d’argent (Vienne-Listenois) ; aux 2 et 3 contre-écartelé : d’azur à trois fleurs de lys à la bordure engrelée de gueules (Courtenay moderne) ; d’or à trois tourteaux de gueules (Courtenay ancien). Cimier : *une double fleur de lys.* Devise : **« Les Bauffremont, les bons barons. »** Cri de guerre : *« Bauffremont au premier chrétien ! »*

Ducs et princes actuels

  • **Théodore de Bauffremont** (1879-1945), grand-croix de Justice de l’ordre de Saint-Lazare
  • **Jacques de Bauffremont** (1922-2020), duc et prince de Bauffremont
  • **Charles-Emmanuel de Bauffremont** (né en 1946), duc et prince de Bauffremont, chevalier d’honneur et de dévotion de l’Ordre de Malte
  • **Hugues de Bauffremont-Courtenay** (né en 1972), prince de Bauffremont-Courtenay
  • **Alexandre de Bauffremont-Courtenay** (né en 2004), prince héritier

Bibliographie et sources

  • Père Anselme, *Histoire de la Maison Royale de France*, t. V, 1730.
  • Gustave Chaix d’Est-Ange, *Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables*, t. 20, 1904, p. 85–88.
  • Jean-Baptiste Jullien de Courcelles, *Histoire généalogique et héraldique des pairs de France*, 1826, vol. 6.
  • Hofkalender (Gotha), IIIᵉ Abteilung.
  • [Article Wikipédia : Maison de Bauffremont](https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Bauffremont)

Mention légale

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