Thesaurus de la famille RIBES de

De Association Linéage de France et d'International
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Introduction

La famille de Ribes s’inscrit dans une histoire de transmission et de responsabilité, où le temps long révèle une vocation progressive au service du Bien Commun. Apparue dans le Languedoc au début du XVIIIᵉ siècle, la lignée chemine de la mer à la cité, de l’exercice des charges utiles à l’État vers une pleine intégration dans les structures de gouvernement, de finance et de culture. À travers ses générations, la famille de Ribes illustre une ascension non fondée sur la rupture, mais sur l’accomplissement : accomplissement d’un sens du devoir, d’une fidélité aux institutions, d’une capacité à administrer, conserver et transmettre. L’accès à la dignité comtale sous la Restauration ne constitue pas une finalité, mais le signe visible d’un ordre reconnu, fruit de services rendus et d’une continuité assumée. Au fil des siècles, le lignage manifeste une conception exigeante de l’héritage : gouverner sans excès, posséder sans ostentation, collectionner pour transmettre, cultiver l’élégance comme langage silencieux de l’harmonie. Par la bibliophilie, la sauvegarde du patrimoine, l’engagement culturel et le rayonnement d’un art de vivre français reconnu au-delà des frontières, la famille de Ribes participe à une œuvre de civilisation où l’autorité se fonde sur la mesure, la mémoire et la fidélité au Bien Commun.

Armoiries

Blasonnement attesté :

  • D’azur, au chevron d’argent, accompagné en chef de deux tours d’or ouvertes et maçonnées de sable, et en pointe d’un lion rampant d’or tenant de sa patte dextre une épée d’argent montée d’or.*

Armes portées par les comtes de Ribes à partir de l’anoblissement et de la création du titre comtal au XIXᵉ siècle.

Chronologie agnatique

Déployer la chronologie agnatique (XVIIIᵉ–XXIᵉ siècles)

I. Origines

Jean Ribes, décédé avant 1747, capitaine des gardes-côtes à Sète. Marié avec Marguerite Barrès. Sources : H. Coquebert de Neuville, J. Villain, tome IV, p. 1181.

II. Établissement bourgeois

Jean de Ribes (1704–1781), né à Frontignan, décédé à Mèze, bourgeois de Toulouse, banquier à Paris, conseiller-secrétaire du roi (1764). Marié en 1749 avec Marie-Anne Martin.

III. Accession à la noblesse titrée

Jean de Ribes (1750–1830) incarne le moment charnière où une lignée issue du service administratif et financier accède à la reconnaissance nobiliaire par l’État restauré. Avocat au parlement, puis receveur général des finances, il exerce des fonctions de haute responsabilité impliquant la gestion des ressources publiques et la garantie des équilibres financiers dans un contexte de profondes mutations politiques.

Nommé administrateur des domaines de Louis XVI, il appartient à ce corps de serviteurs civils dont la mission consiste à préserver les biens de la Couronne, à en assurer la continuité juridique et à maintenir l’ordre patrimonial de l’État. Cette fonction, fondée sur la confiance et la compétence, constitue l’un des fondements de son élévation ultérieure.

Par lettres patentes du 16 juillet 1816, sous la Restauration, Jean de Ribes est créé comte héréditaire. Cette distinction n’est pas un simple honneur personnel, mais la reconnaissance officielle d’un lignage désormais inscrit dans l’ordre nobiliaire restauré, en raison des services rendus à la monarchie et à l’État.

La confirmation par institution d’un majorat en 1818 vient donner à ce titre une assise patrimoniale et dynastique. Elle inscrit la dignité comtale dans la durée, liant nom, biens et responsabilité, et consacrant l’entrée définitive de la famille de Ribes dans une noblesse de service, juridiquement structurée et moralement ordonnée à la transmission.

IV. Continuité comtale (XIXᵉ siècle)

Le XIXᵉ siècle marque pour la famille de Ribes une période de stabilisation et d’enracinement de la dignité comtale, inscrite dans la durée par l’exercice régulier de responsabilités locales et la fidélité à une conception exigeante du service public.

Auguste de Ribes (1787–1843), 2ᵉ comte de Ribes, assure la première transmission effective du titre dans le cadre du majorat institué. Son engagement comme maire de Belle-Église illustre la vocation territoriale de la noblesse de service restaurée : administrer, pacifier et représenter l’autorité légitime au plus près des populations. Il participe ainsi à l’ancrage local durable de la famille dans l’Oise.

Son successeur, Édouard de Ribes (1824–1896), 3ᵉ comte de Ribes, poursuit cette tradition de continuité civique. Également maire de Belle-Église, il exerce son mandat dans un esprit de stabilité et de conservation, incarnant une autorité fondée sur la permanence plutôt que sur la rupture. Il décède au château de Saint-Just, demeure emblématique de la lignée et centre patrimonial du majorat.

Auguste de Ribes (1858–1917), 4ᵉ comte de Ribes, prolonge au tournant du siècle cette fidélité à la charge municipale en assumant à son tour la fonction de maire de Belle-Église. Par cette continuité de mandat sur plusieurs générations, la famille de Ribes manifeste une conception héréditaire non du pouvoir, mais de la responsabilité, où le titre nobiliaire se conjugue avec un service effectif rendu à la collectivité.

Ainsi, tout au long du XIXᵉ siècle, la maison de Ribes incarne une noblesse de transmission et de gestion, inscrivant son autorité dans la durée territoriale, la mesure administrative et la fidélité au Bien Commun.

V. Figures culturelles (XXᵉ siècle)

Jean de Ribes (1893–1982), 5ᵉ comte de Ribes, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914–1918, bibliophile majeur, président de sociétés savantes, membre de la Société des amis du Louvre et de la Société des bibliophiles françois.

VI. Époque contemporaine

Édouard de Ribes (1923–2013), 6ᵉ comte de Ribes, incarne l’aboutissement moderne d’une lignée passée du service financier de l’État à l’exercice responsable du capital privé. Banquier de formation et d’action, il fut président-directeur général de la Banque Rivaud, établissement historiquement engagé dans le financement international, les matières premières et l’investissement industriel. À ce titre, il exerça des responsabilités étendues au sein de nombreux conseils d’administration de sociétés financières, industrielles et commerciales, inscrivant son action dans une logique de stabilité, de continuité et de gouvernance mesurée.

Son parcours illustre une conception classique du pouvoir économique : non comme instrument de domination, mais comme charge confiée, appelant discernement, retenue et sens du long terme. Il administra, conserva et transmit, fidèle à une éthique de gestion héritée des générations précédentes, où la solidité prime sur l’éclat et la durée sur l’immédiateté.

Marié avec Jacqueline Marie Nicolle Hélène Bonnin de La Bonninière de Beaumont (1929–2025), il forma avec elle un couple emblématique du rayonnement culturel français du XXᵉ siècle. Figure internationale de l’élégance, directrice de maison de haute couture, muse de grands créateurs et ambassadrice informelle de l’art de vivre français, Jacqueline de Ribes donna à la lignée une visibilité mondiale fondée non sur la mondanité, mais sur une esthétique exigeante, une discipline personnelle et une fidélité aux formes classiques.

Leur union manifeste une complémentarité singulière : à l’autorité discrète du banquier répond l’expression visible de la culture, de la beauté et de la mesure. Ensemble, ils incarnent une synthèse rare entre économie, culture et représentation, où l’élégance devient un langage, et la réussite un moyen de transmission.

La descendance contemporaine, attestée et vivante, s’inscrit dans cette continuité, appelée à enrichir le thésaurus par de nouveaux actes accomplis au service du Bien Commun, conformément à la vocation permanente de la lignée.

Engagement au service du Bien Commun

La lignée de Ribes manifeste, sur plus de deux siècles, une continuité remarquable d’engagements ordonnés au Bien Commun. Cet engagement ne procède ni d’une posture idéologique ni d’une recherche de visibilité, mais d’une conception héritée de la responsabilité : exercer une charge, administrer un bien, transmettre un patrimoine engage l’individu au-delà de lui-même, dans le temps long.

  • Service de l’État et des finances publiques

Dès le XVIIIᵉ siècle, la famille de Ribes s’inscrit dans les structures financières et administratives du royaume. Les fonctions de receveur général des finances, de conseiller-secrétaire du roi et d’administrateur des domaines royaux traduisent une participation directe à l’équilibre financier de l’État. Ce service exigeant, fondé sur la confiance, la rigueur et la loyauté, constitue l’un des fondements de la reconnaissance institutionnelle de la lignée.

  • Administration territoriale

Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, plusieurs membres de la famille exercent des mandats de maires, notamment à Belle-Église. Cette continuité municipale illustre une conception incarnée du pouvoir local : proximité avec les habitants, gestion concrète du territoire, attention portée à la stabilité sociale et à la transmission des biens communaux.

  • Culture et patrimoine

La constitution, la conservation et l’enrichissement de collections d’œuvres d’art, de mobilier ancien, d’objets historiques et de bibliothèques rares témoignent d’un rapport conscient au patrimoine. Loin de l’accumulation privée, cette démarche s’inscrit dans une logique de sauvegarde, de connaissance et de transmission, participant à la préservation de la mémoire matérielle et intellectuelle française.

  • Transmission intellectuelle

La bibliophilie, le soutien aux sociétés savantes, l’engagement au sein d’institutions culturelles et académiques traduisent une fidélité à l’intelligence du passé et à sa mise à disposition des générations futures. La culture est ici conçue comme un bien commun immatériel, appelant protection, discernement et humilité.

  • Rayonnement français

Au XXᵉ siècle, l’action conjuguée de figures économiques et culturelles de la famille contribue au rayonnement de l’image française à l’international. L’élégance, la couture, le sens des formes et de la mesure deviennent un langage diplomatique silencieux, prolongeant le service du Bien Commun dans le domaine symbolique et civilisationnel.

Ainsi, par l’administration, la culture, la transmission et la représentation, la lignée Ribes illustre une continuité de service où l’autorité se fonde sur la durée, la responsabilité et la fidélité à l’héritage reçu.

Figures marquantes

  • Jean de Ribes (1750–1830), fondateur de la lignée comtale.
  • Jean de Ribes (1893–1982), bibliophile et mécène.
  • Édouard de Ribes (1923–2013), banquier et administrateur.
  • Jacqueline de Ribes (1929–2025), figure internationale de l’élégance française.

Demeures et ancrages

Les demeures de la famille de Ribes traduisent une géographie cohérente de l’élévation lignagère, reliant les origines méridionales à l’enracinement territorial, puis au rayonnement national.

  • Sète, Frontignan, Mèze (Hérault)

Ces villes du littoral et de l’arrière-pays languedocien constituent le premier ancrage de la lignée. Elles correspondent à la période fondatrice, marquée par le service maritime, les activités commerciales et l’émergence d’une bourgeoisie structurée, insérée dans les réseaux économiques et administratifs du Midi.

  • Toulouse

Capitale régionale et centre intellectuel, Toulouse représente une étape décisive dans l’établissement bourgeois de la famille. Elle marque le passage d’un enracinement local à une reconnaissance sociale plus large, liée aux fonctions notariales, financières et administratives.

  • Paris

Paris incarne l’accès aux sphères centrales de l’État, de la finance et du pouvoir symbolique. La présence durable de la famille dans la capitale accompagne l’exercice de charges royales, l’ascension vers la noblesse titrée, puis le rayonnement culturel, intellectuel et mondain aux XIXᵉ et XXᵉ siècles.

  • Belle-Église (Oise) – château de Saint-Just

Belle-Église constitue le cœur territorial de la dignité comtale. Le château de Saint-Just, résidence du majorat, est le lieu d’ancrage patrimonial et mémoriel de la lignée. Il symbolise la stabilité, la continuité et l’exercice d’une autorité locale assumée, notamment à travers plusieurs générations de maires issus de la famille.

  • Neuilly-sur-Seine

Neuilly-sur-Seine reflète l’ancrage contemporain de la lignée dans un espace résidentiel associé aux élites économiques, culturelles et diplomatiques. Cette implantation prolonge la vocation parisienne de la famille et accompagne son rayonnement international au XXᵉ siècle.

Ainsi, les demeures de la famille de Ribes ne relèvent pas d’une dispersion aléatoire, mais dessinent un itinéraire lisible : de l’origine maritime à la centralité étatique, de l’enracinement territorial à la représentation nationale et culturelle, au service continu du Bien Commun.

Bibliographie et sources

  • H. Coquebert de Neuville, *Armorial et notices*, J. Villain, tome IV.
  • Roglo.eu (bases collaboratives sourcées).
  • Geneanet.
  • Archives départementales (Hérault, Oise, Paris).
  • Presse nationale (*Le Gaulois*, *Paris Match*).

Conclusion

La maison de Ribes offre l’exemple accompli d’un lignage inscrit dans le temps long, dont l’élévation ne procède ni de la rupture ni de la conquête, mais d’une fidélité progressive au service, à l’ordre et à la transmission. Issue des fonctions maritimes et bourgeoises du Midi, la lignée accède à la noblesse titrée par la reconnaissance d’un mérite constant, puis assume pleinement les responsabilités attachées à son rang, tant dans l’administration territoriale que dans la gestion des biens, des hommes et des héritages.

Au fil des générations, la famille de Ribes manifeste une conception exigeante du devoir : servir l’État sans ostentation, exercer l’autorité avec mesure, conserver sans thésauriser, transmettre sans appauvrir le sens. Son engagement dans la finance publique, la gouvernance locale, la culture, la bibliophilie et la sauvegarde du patrimoine témoigne d’une vision ordonnée du Bien Commun, fondée sur la stabilité, la mémoire et la continuité.

Dans son expression contemporaine, le lignage prolonge cette vocation par un rayonnement culturel et symbolique où l’élégance, la culture et l’art de vivre deviennent langage de civilisation. La maison de Ribes incarne ainsi une noblesse de responsabilité : non comme privilège figé, mais comme charge vivante, transmise de génération en génération, au service de l’harmonie sociale et de la permanence des héritages.

Mention légale

Ce thésaurus agnatique ALF International est établi selon la méthode de base de l’ALFI à partir de sources publiques vérifiables. Il est destiné à un usage patrimonial, généalogique et culturel. Licence CC BY-SA 4.0 pour les contenus dérivés de sources compatibles. Le thésaurus a vocation à s’enrichir continuellement des actes nouveaux accomplis par les membres de la lignée au service du Bien Commun.