Thesaurus de la famille CREUZÉ, CREUZÉ de LESSER

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Introduction

La famille Creuzé est issue du Poitou, enracinée à Châtellerault. Du XVIᵉ au XXᵉ siècle, elle a conjugué :

  • enracinement local et civique,
  • fidélité religieuse (protestantisme puis catholicisme),
  • ascension sociale par le négoce et la banque,
  • contribution majeure au Bien Commun dans la politique, l’économie, la justice, l’armée et la culture.

Elle se distingue aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles par des charges nationales (députés, sénateurs, préfets), des initiatives économiques (banque, manufacture d’armes), et des engagements intellectuels (Institut de France, littérature).

Armoiries

  • Armes anciennes : D’azur à un chevron d’or, accompagné en pointe d’un bras d’argent issant du côté sénestre et tenant une épée en pal aussi d’argent ; au chef cousu de gueules chargé de deux étoiles de forme antique d’or.
  • Armes modernes (branche de Lesser, 1818) : Au 1, d’azur à une tour crénelée, contremurée d’argent, ouverte et maçonnée de sable, accostée de deux branches de chêne d’argent ; au 2, de gueules à un cheval ailé d’or, contourné et couché sur une terrasse de sinople.

Tableau généalogique simplifié

Le tableau généalogique ci-dessous présente les principales figures de la famille Creuzé et de ses branches notables, depuis l’époque moderne jusqu’à la période contemporaine. Cette lignée se distingue par une continuité remarquable de services rendus à la cité, à l’État et aux institutions, dans les domaines municipal, juridique, politique, administratif, financier et militaire.

  • Pierre Creuzé (1560–1615)
Maire de Châtellerault, il représente la première figure documentée de la famille dans les charges municipales. Son rôle s’inscrit dans le cadre des élites urbaines de la fin du XVIᵉ siècle, à une époque marquée par la reconstruction civique après les guerres de Religion.

├─ Michel-Pascal Creuzé-Dufresne (1736–1804)

Avocat au Parlement, puis maire de Poitiers. Acteur de la vie judiciaire et municipale sous l’Ancien Régime finissant et la Révolution, il incarne la tradition juridique et administrative de la famille.

├─ Jacques Antoine Creuzé-Latouche (1749–1800)

Député sous la Révolution française, il devient président du Conseil des Anciens. Figure politique de premier plan, il joue un rôle central dans la phase constitutionnelle et institutionnelle du Directoire.

├─ Pierre-Michel Creuzé de Lesser (1722–1786)

Secrétaire du roi, charge anoblissante sous l’Ancien Régime. Son accession à cette fonction marque l’entrée formelle de la famille dans la noblesse de robe.

│ └─ Auguste Creuzé de Lesser (1771–1839)

Baron', homme de lettres, administrateur et préfet. Il sert successivement les régimes issus de la Révolution et de l’Empire, illustrant l’adaptation de la lignée aux transformations politiques du XIXᵉ siècle. Son œuvre littéraire et administrative contribue à sa notoriété durable.

│ └─ Édouard Creuzé de Lesser (1883–1967)

Baron, officier. Il s’inscrit dans la tradition militaire de la famille à l’époque contemporaine, tout en perpétuant le titre transmis par la branche de Lesser.

├─ Robert-Auguste Creuzé (1779–1842)

Maire de Châtellerault' et député royaliste. Acteur de la vie politique locale et nationale sous la Restauration, il représente l’engagement monarchiste d’une partie de la famille au XIXᵉ siècle.

│ └─ Philippe Jules Creuzé (1804–1868)

Banquier. Il incarne l’orientation de certaines branches vers les activités financières et économiques, caractéristiques de la bourgeoisie notable du XIXᵉ siècle.

│ └─ Adrien Creuzé (1845–1919)

Comte romain' et député monarchiste. Son titre pontifical et son engagement politique traduisent l’inscription de la famille dans les réseaux catholiques et conservateurs de la fin du XIXᵉ siècle.

│ └─ Robert Creuzé (né en 1945)

Comte romain' et général de corps aérien. Officier supérieur de l’Armée de l’air, il représente la continuité du service militaire au plus haut niveau de commandement dans la France contemporaine.

Branches

La famille Creuzé s’est structurée, au fil des siècles, en plusieurs branches clairement identifiées, chacune portant une modalité spécifique du service du Bien Commun, sans rupture avec le tronc agnatique commun. Ces branches ne relèvent ni d’une dispersion opportuniste ni d’une fragmentation sociale, mais d’une adaptation progressive aux fonctions civiles, politiques, intellectuelles et territoriales exercées par les descendants.

Creuzé de Lesser

Cette branche est issue de l’élévation sociale et administrative liée aux charges royales et impériales. Elle se distingue par l’accès à la noblesse de service et par un engagement marqué dans les hautes fonctions de l’État, la littérature et l’administration territoriale. Avec des figures telles qu’Auguste Creuzé de Lesser, préfet, écrivain et homme de lettres, la branche illustre l’union des responsabilités publiques et de la production intellectuelle. Dans la doctrine ALFI, elle représente la fonction de médiation entre pouvoir, culture et transmission symbolique.

Creuzé de La Touche

Cette branche se rattache à la trajectoire politique, économique et intellectuelle incarnée notamment par Jacques Antoine Creuzé-Latouche. Elle se caractérise par une forte implication dans la vie parlementaire, la pensée économique et les institutions nationales issues de la Révolution et du Directoire. Le service du Bien Commun y prend la forme d’une contribution à la structuration des lois, des équilibres institutionnels et du savoir scientifique. Selon l’approche ALFI, cette branche incarne la dimension doctrinale et rationnelle du service public.

Creuzé du Fresne

Cette branche, également orthographiée Creuzé-Dufresne', est associée à l’ancrage local, juridique et municipal du lignage. Elle se distingue par l’exercice de fonctions d’avocat, de maire et de magistrat, notamment à Poitiers. Elle représente la continuité du service civique de proximité, fondé sur la justice, l’administration locale et la stabilité sociale. Dans la perspective ALFI, elle incarne le socle territorial du Bien Commun, indispensable à la cohésion de l’ensemble du lignage.

L’existence de ces branches démontre la capacité de la famille Creuzé à déployer une pluralité de formes de service sans perdre son unité agnatique ni sa vocation fondamentale. Chacune participe, à son niveau, à une œuvre collective où le Bien Commun est servi tantôt par la loi, tantôt par la pensée, tantôt par l’administration ou la défense des institutions. Cette complémentarité constitue l’un des marqueurs essentiels des lignages de service tels que définis par la doctrine ALFI.

Historique

  • XVIᵉ siècle : Pierre Creuzé (1560-1615), maire de Châtellerault, fonde la notabilité familiale.
  • XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles : fidélité au protestantisme, négoce et commerce.
  • XVIIIᵉ siècle : conversion partielle au catholicisme → accès aux charges royales et alliances nobles.
  • 1773 : Pierre-Michel Creuzé de Lesser devient secrétaire du roi.
  • 1818 : Auguste Creuzé de Lesser créé baron par Louis XVIII.
  • XIXᵉ siècle : Robert-Auguste Creuzé et Philippe Jules Creuzé → Manufacture d’armes de Châtellerault.
  • XIXᵉ–XXᵉ siècles : Adrien Creuzé (comte romain, député), Édouard Creuzé de Lesser (officier), Robert Creuzé (général).

Monographies et Bien Commun

Le parcours de la famille Creuzé offre une lecture exemplaire de la notion de Bien Commun entendue comme service continu, multiforme et transgénérationnel de la collectivité. À travers les siècles, ce service ne se réduit ni à l’exercice ponctuel d’une charge, ni à la recherche d’un prestige personnel, mais s’inscrit dans une logique de responsabilité durable, d’équilibre institutionnel et de fidélité à l’intérêt général.

Dès la fin du XVIᵉ siècle, Pierre Creuzé (1560–1615), en qualité de maire de Châtellerault, incarne la première expression de ce service. À une époque où les municipalités sont des piliers essentiels de l’ordre social, son action relève d’un engagement civique direct : administration de la cité, maintien de la paix urbaine, gestion des ressources locales et médiation entre les autorités supérieures et les populations. Ce niveau de service fonde l’ancrage du lignage dans une conception concrète et quotidienne du Bien Commun.

Au XVIIIᵉ siècle, Michel-Pascal Creuzé-Dufresne (1736–1804) approfondit cette tradition dans un contexte de crise politique majeure. Avocat, maire de Poitiers, puis conventionnel, il se distingue par son refus explicite du régicide. Ce choix, lourd de conséquences personnelles et politiques, traduit une fidélité à la modération, à la continuité de l’État et à une conception du Bien Commun qui refuse la rupture violente et l’anéantissement des principes fondamentaux de la société. Dans la doctrine ALFI, cette posture illustre la primauté de l’harmonie sur la radicalité.

Avec Jacques Antoine Creuzé-Latouche (1749–1800), le service du Bien Commun change d’échelle. Économiste reconnu, député, président du Conseil des Anciens et membre de l’Institut, il incarne une forme de service politique et scientifique universel. Son action conjugue réflexion économique, législation et production intellectuelle, participant à la structuration des institutions républicaines tout en contribuant à l’élaboration d’un savoir destiné à l’ensemble de la société. Cette articulation entre pouvoir et connaissance constitue un pilier fondamental de la doctrine ALFI.

'Auguste Creuzé de Lesser (1771–1839) prolonge cette dynamique par l’union des lettres et de l’administration. Préfet et écrivain, baron de l’Empire, il démontre que le Bien Commun ne relève pas uniquement de l’action matérielle, mais aussi de la construction symbolique et culturelle de la Nation. L’écriture, la pensée historique et la gestion territoriale deviennent des instruments conjoints de cohésion, de transmission et de pacification sociale.

Le XIXᵉ siècle voit s’affirmer une dimension industrielle et stratégique du service avec Robert-Auguste Creuzé (1779–1842). Maire, député royaliste et fondateur de la Manufacture d’armes de Châtellerault, il met l’outil économique au service de la défense nationale et de l’emploi local. Cette action illustre un Bien Commun fondé sur la souveraineté, la sécurité collective et la structuration durable du tissu productif, loin de toute logique spéculative.

Dans cette continuité, Philippe Jules Creuzé (1804–1868), banquier et entrepreneur, président du tribunal de commerce, participe à l’organisation des échanges et à la régulation de la vie économique. Son rôle juridictionnel et financier contribue à instaurer un climat de confiance, indispensable à la prospérité collective. Le Bien Commun s’exprime ici par la stabilité des institutions économiques et la justice commerciale.

Avec Adrien Creuzé (1845–1919), député monarchiste et comte romain créé par Léon XIII, la lignée affirme une fidélité explicite à l’Église et à la tradition monarchique. Ce positionnement n’est pas un retrait du monde moderne, mais une volonté de maintenir des repères spirituels et moraux dans une société en mutation. Dans la perspective ALFI, il s’agit d’un service du Bien Commun par la conservation des fondements spirituels de la civilisation.

Au XXᵉ siècle, Édouard Creuzé de Lesser (1883–1967), baron, officier et sportif, incarne l’adaptation du lignage à la modernité. Son engagement militaire et sa participation à la vie sociale témoignent d’un service fondé sur la discipline, l’exemplarité et l’intégration des valeurs nouvelles, sans rupture avec l’héritage reçu.

Enfin, Robert Creuzé (né en 1945), général de corps aérien et commandeur de la Légion d’honneur, représente l’aboutissement contemporain de cette trajectoire. Son service direct de la Nation, exercé au plus haut niveau des forces armées, s’inscrit dans une mission de défense, de dissuasion et de préservation de la paix. Le Bien Commun prend ici une dimension internationale, conforme à l’évolution du monde et à la responsabilité globale des États.

Dans son ensemble, la famille Creuzé illustre, selon la doctrine ALFI, un lignage où le Bien Commun se manifeste par la 'continuité du service, la diversité des formes d’engagement et la fidélité à une éthique de responsabilité. De la cité locale à la Nation, de la culture à la défense, cette trajectoire démontre que le Bien Commun n’est pas un concept abstrait, mais une œuvre patiemment construite, transmise et incarnée.

Demeures

  • Château de La Barbelinière
Le château de La Barbelinière constitue la demeure familiale la plus significative associée à la lignée Creuzé. Cette propriété incarne l’implantation territoriale durable de la famille et son inscription dans le paysage foncier et social de la région.
Résidence de continuité, le château témoigne du statut de notables puis de membres de la noblesse acquise par charges et services, ainsi que de la volonté de transmission patrimoniale à travers les générations.
Comme de nombreuses demeures familiales issues de la bourgeoisie de robe et des élites administratives, La Barbelinière ne se réduit pas à une fonction résidentielle : elle représente un centre de gestion domaniale, un lieu de mémoire familiale et un marqueur visible de stabilité sociale.
  • Châtellerault
La ville de Châtellerault constitue un ancrage patrimonial ancien de la famille Creuzé. Plusieurs membres y exercèrent des fonctions municipales majeures, dont la charge de maire, ce qui implique une résidence urbaine stable, inscrite dans le tissu civique local.
Cet enracinement urbain traduit l’engagement précoce de la famille dans le service de la cité, la gestion des affaires publiques et la représentation des intérêts collectifs.
  • Poitiers
Poitiers apparaît comme un centre patrimonial et administratif important pour la famille, notamment à travers les fonctions d’avocat, de magistrat et de maire exercées par Michel-Pascal Creuzé-Dufresne.
La présence résidentielle à Poitiers s’inscrit dans la tradition des élites de robe, pour lesquelles la demeure urbaine est indissociable de l’exercice du droit, de la vie institutionnelle et du rayonnement intellectuel.
  • Paris
À partir de la fin du XVIIIᵉ siècle, Paris devient un pôle résidentiel et institutionnel essentiel pour plusieurs membres de la lignée, engagés dans les sphères politiques, administratives et culturelles nationales.
Les résidences parisiennes, liées aux fonctions de député, de préfet, de haut fonctionnaire ou d’homme de lettres, traduisent l’accès de la famille aux cercles décisionnels de l’État et à la vie intellectuelle de la capitale.
  • Résidences administratives préfectorales
Pour Auguste Creuzé de Lesser, préfet sous l’Empire et la Restauration, les demeures liées à l’exercice de la fonction préfectorale constituent des ancrages patrimoniaux temporaires mais significatifs.
Ces résidences officielles, bien que non héréditaires, participent pleinement à l’histoire domiciliaire de la lignée, en tant que lieux d’exercice du service public, de représentation de l’État et d’autorité territoriale.
  • Demeures secondaires et propriétés de notabilité
Comme de nombreuses familles issues de la bourgeoisie d’État et de la noblesse de service, la lignée Creuzé a vraisemblablement disposé de demeures secondaires ou de propriétés rurales associées à ses fonctions, alliances et stratégies patrimoniales.
Ces biens, parfois modestes ou aujourd’hui disparus, participaient à l’équilibre économique, social et symbolique du lignage, sans nécessairement revêtir le caractère monumental d’un château principal.

Bibliographie et sources

  • Laurent Mastorgio, Les Creuzé, une famille châtelleraudaise entre 1600 et 1840 (thèse, 2010).
  • Laurent Mastorgio, Les Creuzé et leurs alliés à Châtellerault, 1600-1850 (La Geste Éditions, 2018).
  • Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXᵉ siècle, t. XII (1913).
  • Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.

Conclusion

La famille Creuzé incarne, sur la longue durée, l’archétype accompli de la noblesse de service telle qu’elle s’est constituée en France entre l’Ancien Régime, la Révolution, l’Empire et les régimes contemporains. Issue d’un enracinement urbain ancien et d’un engagement civique précoce, la lignée se distingue par la continuité de son dévouement aux institutions, à l’ordre public et à la chose commune.

De la magistrature locale aux charges municipales majeures, notamment à Châtellerault et à Poitiers, la famille Creuzé participe activement à l’organisation de la cité, à l’administration de la justice et à la régulation des équilibres sociaux. Cette première strate de service fonde une légitimité durable, reposant sur la compétence, la stabilité et la responsabilité.

À l’échelle nationale, la lignée s’illustre dans les sphères politiques, administratives et intellectuelles. Les fonctions parlementaires, préfectorales et les charges de secrétaires du roi traduisent l’accès à la noblesse acquise par le mérite et par l’État, tandis que la présence au sein de l’Institut de France et dans le champ des lettres manifeste une contribution directe à la culture, à la transmission du savoir et à l’élévation de l’esprit public.

Parallèlement, l’engagement dans la banque, l’industrie et l’armement révèle une autre dimension du service : celle de la prospérité nationale, de la structuration économique et de la souveraineté stratégique. Loin de toute logique spéculative isolée, ces activités s’inscrivent dans une vision d’intérêt général, où l’outil économique est mis au service de la stabilité et de la puissance collective.

Enfin, la lignée trouve son accomplissement dans le service militaire au plus haut niveau, jusqu’aux rangs supérieurs des armées. Cet engagement ultime consacre une fidélité constante à l’État, à la défense du territoire et à la protection de la nation, prolongeant, sous une autre forme, l’idéal de service civique originel.

Au sens de la doctrine ALFI, la famille Creuzé illustre un lignage dans lequel l’ordre, la justice, la prospérité et la culture ne sont jamais disjoints, mais articulés dans une même dynamique de transmission et de responsabilité. Elle constitue un exemple paradigmatique de ces familles qui, sans rupture ni ostentation, ont contribué de manière décisive au Bien Commun, en inscrivant leur identité dans la durée, la loyauté institutionnelle et l’harmonie entre pouvoir, savoir et devoir.

Mention légale

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