Thesaurus de la famille BLANC, BLANC des PESSES

De Association Linéage de France et d'International
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Introduction

La lignée **Blanc**, originaire des **Gets** en Haute-Savoie, constitue une famille de notables montagnards dont l'ancrage territorial remonte au XVIe siècle. Initialement qualifiés de "discrets hommes" et de "sieurs des Pesses", ses membres ont su conjuguer l'enracinement savoyard avec un dynamisme entrepreneurial remarquable. Au fil des siècles, la famille s'est illustrée dans le négoce de luxe (soieries, dentelles), la banque et le droit, étendant son influence du Puy-en-Velay jusqu'à Odessa, tout en maintenant une fidélité constante au service du Bien Commun et aux traditions de leurs terroirs successifs.

Armoiries

Famille BLANC (Évian & La Côte-d’Arbroz)

Les armes attribuées à la famille Blanc de la Côte-d’Arbroz sont mentionnées dans l’Armorial du Chablais de J. Baud.

Fichier:Blason.jpg


Blasonnement

« 'D’azur à la fleur de lys d’argent, surmontant une montagne à trois coupeaux du même en pointe, et accostée de deux étoiles d’or à six rais. »

Ornements extérieurs et cadre symbolique (ALF International)

Conformément au protocole de sanctuarisation héraldique d’ALF International, le heaume traditionnel, marqueur d’un statut nobiliaire codifié, est ici remplacé par l’Étoile de la Lignée à seize rais d’or facettés.

Cette étoile structurante, traitée en relief, se compose de huit rais principaux disposés en croix et en sautoir, intercalés de huit rais secondaires. Elle symbolise la solidité de la vérité historique, la justice équilibrée et la renaissance mémorielle, marquant l’inscription de la lignée dans le registre de l’« inestimable », notion centrale du corpus doctrinal ALFI.

Les lambrequins, aux découpures franches inspirées de feuilles d’acanthe, s’élancent depuis l’Étoile et respectent l’harmonie chromatique de l’écu en associant l’azur, l’argent et l’or. Leur mouvement dynamique évoque la transmission vivante de la mémoire familiale plutôt qu’un attribut de souveraineté juridique.

Interprétation symbolique

  • La fleur de lys et les trois coupeaux : ils rappellent l’ancrage historique ancien de la famille Blanc dans la région d’Évian et de la Côte-d’Arbroz, attestée dès le XIVe siècle (1384), associant la pureté symbolique des sommets alpins à la dignité des services rendus à la communauté locale.
  • Les étoiles d’or : elles expriment la guidance, la constance et la vocation mémorielle de la lignée.
  • L’Étoile de la Lignée : placée comme principe générateur plutôt que comme simple timbre, elle rappelle que chaque « premier de lignée » est dépositaire de l’étincelle originelle dont procède le Bien commun familial.

Notes historiographiques

Il est attesté que l’arrière-arrière-grand-mère de l’historien Charles Blanc, épouse de Jean-Baptiste Blanc, exprima le souhait que ses descendants portent les armes Jouve de Ladévèze.

Cette volonté relève d’une démarche mémorielle et familiale, distincte d’une transmission héraldique strictement agnatique au sens du droit nobiliaire classique, et doit être interprétée comme un phénomène d’appropriation symbolique ou d’alliances de mémoire, conformément aux usages observés dans certaines familles bourgeoises ou notables des anciens pays de Savoie.

Statut héraldique

Les présentes armoiries relèvent d’un usage familial et mémoriel et ne constituent pas une reconnaissance officielle de noblesse. Leur présentation s’inscrit dans une lecture patrimoniale, culturelle et symbolique, telle que développée par ALF International.

Chronologie agnatique

La chronologie agnatique ci-dessous retrace la transmission patrilinéaire continue de la famille Blanc, depuis le milieu du XVIᵉ siècle jusqu’au XXᵉ siècle. Elle met en évidence une stabilité lignagère fondée sur l’enracinement territorial, la continuité foncière, puis la diversification progressive des activités économiques et professionnelles.

Origines et implantation initiale (XVIᵉ – début XVIIᵉ siècle)

  • Étienne Blanc (né en 1555)

Souche agnatique attestée de la lignée aux Gets. Son inscription correspond à une implantation rurale ancienne, sans qualification statutaire particulière documentée.

  • Jean Blanc (v. 1575)

Successeur direct d’Étienne Blanc. Marié à Bernardine Baud en 1605, alliance attestée inscrivant la lignée dans un réseau matrimonial local structuré.

  • Jean Blanc des Pesses (v. 1606)

L’usage du toponyme « des Pesses » marque un lien stable avec le lieu-dit éponyme. Qualifié de « discret homme », terme indiquant une respectabilité sociale reconnue sans implication nobiliaire.

Structuration lignagère et continuité foncière (XVIIᵉ siècle)

  • Hugues Blanc (v. 1631)

Qualifié de sieur des Pesses, désignation d’usage renvoyant à la possession ou à l’exploitation principale d’un domaine, sans valeur seigneuriale juridique démontrée.

  • François Blanc (1653–1711)

Sieur des Pesses aux Gets. Il incarne la continuité foncière et résidentielle de la lignée sur plusieurs générations.

Stabilité patrimoniale et alliances structurantes (XVIIIᵉ siècle)

  • Louis Blanc des Pesses (1673–1730)

Identifié comme propriétaire foncier, dans un contexte de consolidation patrimoniale.

  • Louis Blanc des Pesses (1708–1764)

Époux de Louise Coppel des Nants. Cette alliance documentée renforce les réseaux familiaux existants et souligne la stabilité agnatique de la lignée.

  • Pierre Orlanc Blanc (1739–1806)

Qualifié de sieur des Pesses. Il assure la continuité lignagère à la charnière de l’Ancien Régime et de la période révolutionnaire.

Déploiement géographique et diversification sociale (XIXᵉ siècle)

  • Jean-Baptiste Blanc (1767–1855)

Dit sieur de La Devèze. Fondateur de la branche du Puy-en-Velay, marquant un déplacement partiel du centre familial vers un espace urbain et administratif.

  • Pierre Blanc (1797–1869)

Négociant et propriétaire du château du Champ-Glavenas. Il incarne la diversification économique et la gestion patrimoniale résidentielle.

  • Jean-Marie Blanc (né en 1846)

Négociant international à Odessa. Son parcours illustre l’ouverture transnationale de la lignée au XIXᵉ siècle dans le cadre des circuits commerciaux européens.

XXᵉ siècle : professions intellectuelles et engagement civique

  • Paul Blanc (1882–1974)

Avocat et juriste, décoré de la Croix de Guerre 1914–1918. Il représente l’évolution vers les professions juridiques et l’engagement individuel dans les événements majeurs de l’histoire contemporaine.

  • Charles-Olivier Blanc, dit Olivier Blanc

né en 1951 à Montivilliers, est un historien et essayiste français.

  1. Formé au droit et aux lettres à Rouen, il est également ancien journaliste.
  2. Il consacre l’essentiel de ses recherches à la Révolution française et au XVIIIᵉ siècle.
  3. Son travail repose largement sur des archives inédites françaises et étrangères.
  4. Il contribue à la réhabilitation d’Olympe de Gouges par une biographie majeure publiée en 1981.
  5. Il publie La Dernière Lettre, recueil de lettres de condamnés de la Terreur, traduit à l’international.
  6. Ses recherches portent sur l’espionnage, l’influence et les rivalités politiques révolutionnaires.
  7. Il remet en question l’interprétation classique des « sévérités nécessaires » de la Terreur.
  8. Il étudie également les mentalités, le libertinage et la société des Lumières.
  9. Son œuvre occupe une place reconnue dans l’historiographie critique de la Révolution française.

Engagement au service du Bien Commun

L’histoire de la lignée Blanc illustre une transition exemplaire de la gestion pastorale des montagnes savoyardes vers les responsabilités complexes de la société industrielle et juridique, avec pour fil conducteur la préservation des structures sociales et économiques.

Justice et transmission

L'engagement de la lignée dans le droit et la finance ne s'est pas limité à une simple quête de profit, mais s'est inscrit dans une volonté de **sécurisation des échanges**.

  • **Me Paul Blanc (1882-1974)** : En tant qu'avocat et directeur juridique au sein de l'hôtellerie de luxe à Nice, il a agi comme un garant de la stabilité contractuelle. À une époque de mutations économiques rapides sur la Côte d'Azur, sa mission a permis la pérennisation d'un secteur vital pour l'économie régionale, assurant ainsi la protection des emplois et du patrimoine local.
  • **Jean-Baptiste Blanc (1767-1855)** : Par la création de la banque de recouvrements **Bonnet-Blanc et Giron**, il a répondu à un besoin crucial de son temps : la fluidité du crédit et la fiabilité des paiements. En structurant ces mécanismes financiers, il a renforcé la confiance entre les acteurs économiques du Velay, condition sine qua non de la prospérité commune.

Foi et clergé

La dimension spirituelle de la famille a toujours été le socle de son éthique sociale.

  • **Perrine Coppel des Hostelières (épouse Blanc)** : Son intégration à la **Confrérie du Saint-Rosaire** dès 1692 aux Gets ne relève pas de la simple piété privée. Les confréries étaient, sous l'Ancien Régime, des vecteurs essentiels de solidarité villageoise et de régulation morale. Par cet engagement, la famille Blanc participait activement à l'assistance aux nécessiteux et au maintien de la concorde au sein de la communauté montagnarde.

Service militaire et public

La fidélité à la patrie constitue le sacrifice ultime au Bien Commun, marqué par le passage de l'engagement civil à l'engagement du sang.

  • **Paul Blanc** : Sa conduite durant la Grande Guerre, couronnée par la **Croix de Guerre 1914-1918**, témoigne de l'abnégation d'une génération de notables ayant accepté de tout quitter pour la défense du sol national.
  • **Claude Blanc (1924-1998)** : En choisissant la carrière d'**officier**, il a pérennisé cette tradition du commandement responsable, où l'autorité est perçue comme un service rendu à la sécurité de la collectivité.

Culture et sciences

La famille Blanc a joué un rôle de premier plan dans la sauvegarde du patrimoine immatériel français.

  • **Jean-Baptiste et Pierre Blanc** : Leurs activités de négociants en dentelles fines ne furent pas uniquement commerciales. En ouvrant des marchés de la Haute-Loire jusqu'à **Odessa**, ils ont agi comme de véritables ambassadeurs de l'excellence artisanale. Leur succès a directement permis la survie économique de milliers de dentellières en milieu rural, préservant ainsi un savoir-faire séculaire (la dentelle du Puy) qui, sans leur dynamisme entrepreneurial, aurait pu disparaître face à la mécanisation. Ils ont transformé une tradition locale en un rayonnement culturel européen.

Alliances

La série d’alliances ci-dessous reflète une continuité matrimoniale documentée sur plus de trois siècles, depuis le début du XVIIᵉ siècle jusqu’au milieu du XXᵉ siècle. Elle témoigne de stratégies familiales successives, inscrites dans des contextes sociaux, juridiques et territoriaux variables.

XVIIᵉ siècle : alliances de proximité et d’enracinement local

  • Baud (1605)

Alliance ancienne, caractéristique d’un réseau local ou régional, probablement inscrit dans une sociabilité de notables ou de bourgeois établis. Elle marque une phase d’ancrage initial.

  • Bidal d’Arbroz (1628, 1630)

Double mention chronologique indiquant soit deux unions distinctes, soit une continuité intergénérationnelle. Le patronyme suggère une famille identifiée, possiblement liée à une implantation territoriale précise.

  • Anthonioz Blanc (1650)

Alliance typique du milieu du XVIIᵉ siècle, relevant d’un croisement entre lignées reconnues localement, sans indication d’élévation statutaire explicite.

Fin XVIIᵉ – début XVIIIᵉ siècle : structuration et consolidation

  • Coppel des Nants (1695, 1730)

La répétition du nom à deux dates éloignées confirme une relation durable entre lignées, suggérant une stratégie d’alliance consolidée sur plusieurs générations.

  • Coppel des Hostelières (1701)

Variante toponymique ou branche collatérale, révélant une structuration interne des alliances, fréquemment observée dans des familles territorialement enracinées.

XVIIIᵉ siècle : intégration bourgeoise et stabilité sociale

  • Ducrettet (1764)

Alliance correspondant à une phase de stabilité sociale ; les unions de cette période sont généralement orientées vers la consolidation patrimoniale et la continuité familiale.

Fin XVIIIᵉ – XIXᵉ siècle : adaptation aux mutations sociales

  • Jouve de Ladevèze (1797)

Alliance située à la charnière révolutionnaire, révélatrice d’une capacité d’adaptation à un contexte juridique et social profondément renouvelé.

  • Bresson (1828)

Inscription dans un XIXᵉ siècle de recomposition bourgeoise, où les alliances visent la respectabilité, la professionnalisation et la stabilité.

  • Champanhac (1837)

Alliance du même registre, suggérant la poursuite d’un réseau social homogène, sans rupture de statut.

  • Dépierre (1880)

Marque l’entrée dans la fin du siècle, avec des alliances de continuité sociale, souvent liées à des milieux administratifs, industriels ou notariaux.

XXᵉ siècle : continuité familiale et modernité

  • Le Roy de Falvy (1921)

Alliance du début du XXᵉ siècle, traduisant une persistance de stratégies matrimoniales structurées dans un cadre désormais national.

  • Vatinel (1948)

Dernière alliance mentionnée, inscrite dans le contexte de l’après-guerre, où la transmission familiale demeure mais dans un environnement social profondément transformé.

Demeures et ancrages patrimoniaux

Les demeures et lieux mentionnés ci-après constituent des points d’ancrage patrimoniaux identifiés, témoignant d’une implantation familiale progressive, du cadre rural vers des résidences de statut plus affirmé, sans que cela n’implique par principe un rang nobiliaire ou seigneurial.

Le lieu-dit « Les Pesses » (Les Gets)

Le lieu-dit des Pesses, situé sur le territoire de la commune des Gets, apparaît comme le berceau historique de la famille. Il s’agit d’un ancrage rural ancien, correspondant à une implantation foncière ou résidentielle durable, caractéristique des familles établies localement sur plusieurs générations. Ce type de lieu-dit renvoie à une occupation du sol et à une continuité d’exploitation ou de résidence, sans que cela ne préjuge d’un statut juridique particulier au-delà de la possession ou de l’usage du bien.

Château du Champ-Glavenas (Saint-Hostien)

Le château du Champ-Glavenas, situé à Saint-Hostien, est attesté comme propriété de Jean-Baptiste Blanc, puis de son fils Pierre Blanc. Cette transmission directe père-fils relève d’une logique patrimoniale classique, indiquant une capacité à acquérir, conserver et transmettre un bien immobilier de nature résidentielle notable. L’appellation de « château » doit être comprise dans son acception historique locale, sans interprétation automatique en termes de seigneurie ou de prérogatives féodales, en l’absence de titres ou de droits spécifiques explicitement documentés.

Hôtel particulier, rue Raphaël (Le Puy-en-Velay)

L’hôtel particulier situé rue Raphaël, au Puy-en-Velay, est identifié comme la résidence de Jean-Baptiste Blanc. Ce type de demeure urbaine correspond à une installation en milieu citadin, généralement associée à des fonctions administratives, professionnelles ou économiques exercées dans un cadre urbain. Il marque un déplacement du centre de vie vers la ville, révélateur d’une intégration dans les réseaux sociaux et institutionnels locaux, sans impliquer nécessairement une élévation de statut au-delà de la respectabilité bourgeoise.

Lecture d’ensemble

Pris dans leur ensemble, ces lieux traduisent :

  • une continuité d’implantation territoriale,
  • un passage progressif du rural vers l’urbain,
  • une gestion patrimoniale cohérente, fondée sur la transmission familiale.

Ils doivent être compris comme des faits patrimoniaux documentés, sans surinterprétation symbolique ou statutaire.

Galerie iconographique

Fichier:Portrait Jean Baptiste Blanc.jpg
Jean-Baptiste Blanc (1767-1855), Sieur de la Devèze
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Pierre Blanc (1797-1869), Châtelain du Champ-Glavenas
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Paul Blanc (1882-1974), Croix de Guerre 1914-1918

Bibliographie et sources

  • Archives Départementales de la Haute-Savoie (AD74) et de la Haute-Loire (AD43).
  • Fonds Y. Colin, JM Blanc, Charles-Olivier Blanc.
  • "Le Vieux Puy", G. Jourda de Vaux & A. Boudon-Lashermes.
  • Données Roglo (roglo.eu).

Conclusion

La trajectoire de la famille Blanc s’inscrit dans une dynamique d’ascension sociale progressive, fondée principalement sur le travail, les activités commerciales et une gestion patrimoniale continue, plutôt que sur des privilèges initiaux ou des ruptures statutaires spectaculaires.

Issue d’un milieu initialement discret et régional, notamment savoyard, la famille connaît une ouverture graduelle de ses horizons économiques, s’intégrant à des réseaux de négoce plus larges, parfois à l’échelle européenne, selon les opportunités et les contextes propres à chaque époque. Cette évolution ne s’accompagne pas d’un effacement des origines, mais au contraire d’un maintien d’ancrages territoriaux identifiables, tant en Haute-Savoie que dans le Velay.

La possession et l’occupation de demeures notables, l’engagement dans des activités financières ou commerciales structurées, ainsi que la participation aux événements historiques majeurs, y compris par le service militaire et les pertes humaines qui en résultent, témoignent d’une intégration durable dans la société de leur temps.

Sans revendiquer de rôle politique ou symbolique particulier, la famille Blanc s’inscrit dans une logique de contribution continue à la vie économique et sociale locale, relevant d’une tradition de responsabilité civique et de continuité familiale, que l’on peut rattacher, dans un sens non idéologique, à la notion de bien commun.

Mention légale (SCRIPT ALFI)

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